Sans titre – dessin par Karilee Fuglem

Date réalisation : 2005

Technique utilisée : Encre et eau sur vélin

Dimensions de l'oeuvre : 28 cm x 21,5 cm (3 fois)

Descriptif

Ces trois œuvres de Karilee Fuglem font partie d’une série toujours en cours de dessins qu’elle qualifie d’« invisibles ». À l’exemple des installations ou des sculptures qu’elle réalise à partir de matières pauvres et délicates, telles des sacs en plastique, du monofilament de nylon et des pastilles en acétate, ces dessins travaillent sur les seuils de perception, c’est-à-dire sur ce qui est à la limite du perceptible par nos sens. Les quelques traits à l’encre esquissent sur la surface des figures qui ressemblent à des cocons ou à des nids, mais dont la vacuité rend compte de leur extrême fragilité. Même le support de papier a été éprouvé par l’emploi d’eau qui a gondolé sa surface. Les cocons à peine constitués et le papier accidenté rendent faiblement tangibles la frontière des surfaces, les limites entre l’intérieur et l’extérieur de la forme amorcée, le dessus et le dessous du support. L’artiste représente ainsi de fines membranes qui, comme l’indique le titre, évoquent les tissus conjonctifs dont les fonctions dans l’anatomie humaine sont d’unir, de soutenir, d’isoler et de protéger les organes. De manière abstraite, Fuglem retourne donc au corps humain, qui est pour elle au cœur de la perception phénoménologique du monde. L’artiste a d’ailleurs exposé ces dessins avec deux sculptures de fils, dont l’une pouvait accueillir les spectateurs, un à un, en son centre. Se tenant au milieu de la structure ajourée, la personne faisait l’expérience exacerbée, parce que finement entravée par la matière, de la rencontre entre elle et le monde, entre elle et les autres.