Le fil d’ariane (5/10) par Aude Moreau

Date réalisation : 2006

Technique utilisée : Épreuve numérique

Dimensions de l'oeuvre : 63,5 cm x 90 cm

Descriptif

Le montage photographique rend compte, quelques années plus tard, d’une performance que l’artiste a réalisée au centre d’artistes La Centrale à Montréal en 2000. Pour cette première exposition d’importance dans son parcours, Aude Moreau a peint les murs et le plancher en rouge. Elle a par la suite progressivement retiré cette coloration en découpant la fine pellicule de peinture, déshabillant l’espace pour lui redonner sa blancheur nue. Pendant les deux mois qu’a duré le processus, l’artiste a par extraction dessiné sur les surfaces, faisant apparaître un réseau de lignes compliqué rappelant les dédales d’un labyrinthe. Elle a ainsi de manière inédite mis en forme et en geste le mythe grec d’Ariane qui, avec l’aide d’un fil, a permis à Thésée de retrouver la sortie du labyrinthe après y avoir tué l’infâme Minotaure. Or, une fois libéré, Thésée décide de partir loin en laissant Ariane seule derrière, bien qu’il lui ait promis son amour. La séquence photographique de l’artiste permet de suivre l’évolution de cette histoire qui évoque en fait le désir de Thésée de laver la faute charnelle, de renouer avec ce qu’il était avant de connaître Ariane. De rouges qu’elles étaient les surfaces sont redevenues blanches, faisant même disparaître complètement le dessin méticuleusement tracé par l’artiste. En réalisant cette œuvre de manière in situ, l’artiste savait que son labeur serait effacé ;  la progression des photos souligne d’ailleurs la mince frontière qui sépare l’action de faire et de défaire. Le fil d’Ariane s’applique également à la création artistique qu’Aude Moreau conçoit comme étant en lien étroit avec son contexte d’élaboration, c’est-à-dire spécifique à un lieu et temporaire.