Dispositif I par Michel Niquette

Date réalisation : 1990

Technique utilisée : Acrylique et cibachrome sur bois

Dimensions de l'oeuvre : 152 cm x 152 cm

Descriptif

Quel rôle joue celui qui regarde dans l’interprétation d’une image ? Dans sa série Dispositif, c’est ce que questionne Michel Niquette en bouleversant nos habitudes et en semant le doute sur ce que nous voyons. Dans Dispositif I, au premier coup d’œil, nous croyons voir une peinture renaissante, une photo d’une usine désaffectée ainsi que des bandeaux de couleurs. Mais un regard plus attentif permet de constater que la peinture est une photo et que l’usine est minutieusement peinte. Il remet donc en question des notions bien ancrées qui veulent que la Renaissance soit comme« une fenêtre ouverte sur le monde » et la photo, une copie parfaite de la réalité. De plus, il ajoute à son dispositif une partie non figurative qui rappelle la matière, la surface elle-même : nous sommes devant un tableau. Par ces mêmes éléments, l’artiste nous renvoie également à trois grands courants artistiques : la Renaissance en quête de ressemblance, la grande précision de l’hyperréalisme et l’abstraction lyrique des bandeaux de couleurs. Il met donc côté à côté différentes façons d’utiliser l’espace pictural, différentes manières d’appréhender le monde. À tout ceci s’ajoute la dualité des images : passé/présent, portrait/bâtiment, figuration/abstraction, art/histoire de l’art.

«Nous sommes confronté continuellement à voir, c’est-à-dire à enregistrer dans notre mémoire des images mouvantes ou fixes qui, tout en s’accumulant, permettent à l’individu de se construire une banque de données et d’élaborer son propre langage. » C’est ce à quoi convie Michel Niquette. L’œuvre interpelle le spectateur en faisant appel à ses propres connaissances et informations accumulées. Le regard du spectateur devient un élément constitutif de l’œuvre.